13 juin 2008

Additif

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Voilà, tu ébiselles ton coeur jusqu'à l'arête, plus dur qu'on os. Adieu la police intérieure qui fait trembler. Nique la police, même ! Tu tournes la tête quand ça t'intéresse plus, tu dis que t'es pas d'accord, effectivement, mais que ton avis T'importe peu, et que ça te saoûle quand on te le demande.  Tu dis que c'est pas la peine les salamalecs, qu'on est là pour la même chose, se frotter le ventre pour oublier, se monter dessus pour se rappeler à l'inhumanité de toute relation humaine. Autant prendre de l'avance. C'est tout. Un point c'est marre. Et non merci, je ne converse pas. Tu prends bien soin de te glacer le corps, d'oublier que ton coeur c'est du nylon, qu'il brûle en deux minutes, oublier que tu pleures devant un petit âne gris sous la pluie, quand il plonge ses oreilles en pathétique parapluie, oublier que tu lis Eluard en cachette, oublier qu'un homme qui ne sait pas quoi dire, ça te retourne la peau. Tu tournes la tête quand le baiser prend des faux airs de tendresse. On pourra pas te dire que tu n'as pas pris toutes les précautions. Tu dis ciao bonsoir non merci j'ai à faire, comme pour te venger de tout le mal que lui ne t'a pas fait, comme pour le venger de tout le mal que tu pourrais lui faire. Et quand tu te regardes soulagée d'être enfin à l'image de la désincarnation que tu te souhaites, pire qu'un blog houellebecquien, plus glacée qu'une pauvre petite fille riche cocaïnowomane amère et désenchantée, pleine d'angles bien aigüs, la répartie cinglante comme la baffe que tu crains qu'on te mette, on te balance:
"Tu es la plus émouvante des femmes que j'ai jamais connues"
 C'est foutu. C'est foutu. C'est foutu.

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Alors je ne suis pas jalouse, jamais. On me l'a bien souvent reprochée. Mais tu veux que je te dise ? Bas les masques à la fin. C'est pas de la hauteur d'âme. C'est juste que je pense au fond, avec mon  égo malade hypertrophié, mon bel égo de baleineau, que c'est toi qui te trompes si tu en aimes une autre. 
C'est juste que je pense au fond, avec ma dualité d'ego schizoïdé, que c'est bien tout ce que je mérite, que les pots aux roses, ça finit toujours pas se dévoiler.


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Tous les pique nique, les ballades, les déjeuners sur l'herbe, les marguerites qu'on effeuille, les fous rires si on patauge dans une flaque en même temps, les mains dans les cheveux, et ta main sur ma taille, et chabada. Eh ben, je vais te dire, je ne me moque pas. Là oui, je suis jalouse , à en crever. Parce que moi, là dedans, j'ai l'impression d'être la doublure. Je veux bien faire les gestes mais bon, de loin si vraiment y a besoin, si l'actrice principale fait une allergie au pollen, si je dois rendre service, quoi.

  C'est pas pour moi. Ca m'oppresse. J'ai pas eu de déjeuners sur l'herbe, de pique nique en famille, de courses folles dans les prés. Une main sur ma taille, je me demande toujours quand c'est qu'elle va me taillader. 

En fait, j'ai pas les pré-requis pour aimer.


 Quand on me parle de "grande tablée" pour l'anniversaire du petit cousin, avec les spécialités de tante Mathilde, ou de convalescence passée chez ses parents, j'ouvre la bouche pour en respirer un peu de cet air d'un dimanche banal et un peu déprimant, en famille.  Je voudrais bien me payer le luxe une fois de dire "Ha ouais, ça fait chier", mais bon, il n'y a que ce qu'on connait bien qui peut nous agacer.


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07 mai 2008

Karoshi

 

 J'ai toujours pensé que l'échec, c'était plus joli à regarder que la béatitude couétiste. Je n'ai jamais voulu écarter la souffrance, en faire une épopée. J'ai toujours pensé que la névrose est un luxe qu'on peut encore se payer, que ça donne l'illusion, sinon d'être heureuse, tout au moins, de sembler avoir l'air d'en avoir envie. La peur cache le désir, et la victime, nom de diou, figure toi que c'était le bourreau !!  et vice versa, et c'est çui qui dit qui l'est...hein. Comme ses phrases qu'on recopiait, ado, sur nos sacs US, ou à la page mercredi de nos cahiers de textes, et qui nous donnaient le sentiment d'avoir triomphé de la difficulté d'être soi.

Je considère, au fond, que rien se sert de courir, ni même de partir à point, pourvu qu'on me lâche la grappe. Mais là, j'avoue que j'aimerais bien un peu de répit dans ma sublime sublimation de la merde environnante, mon acceptation de la puante fatalité et mes trouvailles hallucinantes et cathartiques sur la vanité des lendemains qui détonnent.  Je voudrais que ça s'arrête, l'infernale cadence des jours qui se répètent et ne ressemblent à rien, dans un travail où l'on me demande quasiment d'être le contraire de moi-même. Et si c'était qu'au boulot...

Le prochain qui me demande ce que je compte faire de mes organes sexuels dans les semaines à venir s'expose à une explosion nucléaire du pied ou à une épilation du maillot à la cire orientale.

Pourtant, je continue d'exploser de rire chaque fois qu'une recherche musicale sur des sites interdits me conduit à Nuno Bettencourt  population 1 cute girl has orgasm on webcam, par exemple.  Je continue d'être excessivement soignée, propre, polie. Je persiste. Je m'acharne. On dirait presque que j'y crois.  Je continue de changer mes draps une fois par semaine, je continue de règler mes factures en retard, et on me menace de coupures, figure-toi; c'est pas dingue ? Ca me la coupe, moi. 

je connais de plus en plus de gens qui ont des problèmes de fric qui les empêchent même de bouffer. 

Je continue de manger n'importe quoi à n'importe quelle heure, je continue de ne jamais regarder la télé, je continue de lire beaucoup, je continue de découvrir les fonctions infinies de mon ordinateur. J'ai mis les fleurs d'une robe d'été, ce matin,  pour me faire croire que tralala. Je continue de trouver le sport infiniment suspect, je continue d'avoir une libido, je continue de me trouver même normale quelquefois, je continue de dire non à qui de droit, de dire à l'autre oui oui, on verra. Je continue de me trouver percutante, et même vivante parfois, d'une tolérance inouïe (mais je crois que c'est parce que j'en ai rien à foutre, ça).   Je continue de danser en culotte le dimanche matin, je persiste, je m'acharne, j'y tiens.  je continue de pleurer devant certaines photos, je continue d'avoir de plus en plus de mal à "publier" (HAHAHAHAHAHAHAHA) ici, tu sais, je regarde la note et je dis:"Oh putain au secours, j'ai un blog", comme des phrases qu'on recopierait, trop vieil ado, à la page mercredi de nos cahiers de textes et qui donneraient l'illusion pathétique d'avoir quelque chose à partager, ou à vérifier avec toi. Mais bon si blogguer m'a lassée, écrire, je ne m'en passe pas. Ecrire, c'est pour me rappeler que rien ne me consolera jamais. 

Je continue de penser que les différences sociales créent bien plus de dégâts que les différences sexuelles, encore que. Oui, j'ai pas peur de nuancer, tu vois. Holala trop dingue, je suis comme nana.  Je continue d'habiter dans quelques pensées qui me servent de repères.  Bref, je continue d'être à la fois neurasthénique, phobique, terrifiée et curieuse, gaie et ...terrifiée. La routine. Je persiste, je m'acharne, j'y tiens. 

Je voudrais tellement que ça cesse, la course à pas grand chose, et comment je joue le jeu, comme les autres, d'être ravie d'avoir tout bouclé à 21h10, et de pouvoir enfin m'écrouler sur un canapé. Je voudrais que ça s'arrête, je voudrais même pas commencer. 

Et surtout, surtout, je voudrais un genre de panneau stop chaque fois que je sens que j'y crois, à l'humanité.

Comment peut-on être à la fois si lucide, habituée, n'attendre rien, et morfler de tant, tant se planter  ?

La réponse est dans la question. Poil à l'inter-pénétration.

 
podcast

(EITS. What do you go home to ?


 
 

11 avril 2008

Mes nuits sont aussi chiantes que mes jours

Je suis inhabitée, ça m'inquiète, enfin je veux dire ...je devrais m'inquiéter.
J'ai été malade il y a quelques nuits, comme jamais. En allant boire, en remontant me coucher, je me suis évanouie dans les escaliers. La première pensée que j'ai eue en reprenant mes esprits, et en palpant ma bosse a été:
"Emma Bovary."
 J'ai la syncope cultivée.

J'ai passé un week end allongée sur mon lit, sans musique, sans livres, sans rien, juste étendue à avoir mal au coeur. Un coma plein de vapeurs et de questions. Quand j'ai dit ça à Truc, il m'a répondu: "C'est suuuu-per, tu t'es reposée." comme s'il avait pris deux amphéts. La capacité à occulter l'autre, à y projeter tout ce qu'on y voudrait, pour éviter de l'écouter, continue de m'esbaubir. Ma théorie de la vaine communication s'affine.  

Mon asocialité regagne du terrain. C'est con, j'avais progressé. En même temps, peut être que c'était avant, que j'étais dans le vrai. J'aurais regressé quand je croyais avoir avancé...? Un peu comme celui qui traverse un champ de mines, à petits pas prudents et qui explose parce qu'il saute de joie en sortant du terrain ?  Grands Dieux (= Fugue N°2 par Glenn Gould), c'est fou.

Je m'en fous, j'apprends la guitare, et il pleut. Deux alibis en or massif pour refuser de répondre au téléphone. 

  Je ne me vis que comme la fille de mon père ces derniers temps. Mortifère, mutique et ...endeuillée.  Ca m'inquiète, enfin...je devrais m'inquiéter.

 

Je me couche, je touche mes os du bassin, je mets mes pieds au mur. Je considère l'espace entre les cuisses quand on les serre. On dirait un autre trou. Je fais ça tout le temps. Ensuite je me coltine à un mur, en chien de fusil, et je serre les paupières jusqu'à ce que ça s'arrête, le roulis mental. J'ai souvent froid.

Je voudrais une lumière, je m'en fous qu'elle m'éclaire. Si elle me réchauffe un peu, ça m'ira.

 

Ho... à la reflexion, même pas.

 


podcast
 

10 mars 2008

Les "fenêtres " de ma poésie sont grand'ouvertes sur le vide intersidéral de ma rue.

A force d'avoir pris pour messie la plus petite lanterne, à force d'échapper à toutes mes faiblesses, avec l'espoir d'une fuite qui ne ferait pas de bruit,  à force d'éclatements de tous les domaines négociables, et de parcours de territoires enclavés, de sourires et de fierté mal placés, à force de me dire que d'être dévastée, ça "sonnait", oh yeah,

je me regarde avec ma liste de morts trop longue, je fais l'appel de tous mes absents,  et j'entends toutes ces voix faussées, je regrette mon regard latéral sur ce siècle, je regrette tous mes élans, je regrette tout ce qu'on me donne, et je regrette même ce que j'attends, écoeurée par anticipation. J'aurais mieux fait de rester dans mon foetus, j'aurais mieux fait, maman.


J'ai cru trouver une pathétique victoire en jouant la combinatoire envolée, l'exigence de plus en plus effilée, l'exigence évidée jusqu'au spectre idiot d'une volonté de tétard.  Je me regarde, le cheveu plat, et le clavier hanté, amère, l'angoisse dans tous les viscères, et juste, juste déboussolée. Certaine de ce que je ne veux pas, ça compte pour se décider ?

A force de vouloir faire de mes déambulations de belles errances,

j'ai oublié qu'à chaque lien correspond un noeud de tore, que ça pue les fantômes pour tout le monde, 

j'ai oublié combien toutes les illusions de conjugaisons,  se résument au final, à se faire mettre, du passé simple jusqu'au futur antérieur.

j'ai oublié qu'à chaque joue suffit sa beigne et que je ne suis pas la dernière à les envoyer.

Pourtant je le savais hein, mais bon voilà, j'avais oublié.

J'ai la lassitude abasourdie. J'attends que la stupéfaction me lâche. J'aime pas ma tête d'étonnée.

 

 Attendre que le pire se change en souvenir, en fumée, en "vivable",

 

 etc etc...

06 mars 2008

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Je suis dans une phase destructrice où il me faut brûler vite fait, bien fait tout ce que j'ai aimé, avant que ce soit lui qui me brûle. Il faut brûler tout ça et que ça ne renaisse en rien de ces cendres, que ça se piétine, que ça se pourrisse, Amen.  

Seulement voilà, je n'ai plus vingt ans et c'est tout juste ridicule. Je ne peux pas prendre le métro, mon mp3 vissé sur les oreilles, défoncée à la colle à rustines, jusqu'au terminus, et errer toutes les nuits dans le polaire des ruelles étroites, avec mon paletot idéal à 247 euros et puis paf faire demi-tour au moment où je m'y attends pas. Déjà, tu vois, je suis emmerdée. Chez moi, y a pas de métro.

Je ne peux pas faire de rebelle auto dafé de mes journaux intimes, et de mon état civil, le briquet gothique et le piercing ensanglanté. Je fume plus, j'ai même pas un briquet. J'ai bien un blog à dynamiter, mais je me venge jamais sur les innocents. Je préfère cogner les coupables. Tiens, moi, prends toi ça.

Je ne peux pas me faire sauter par tout ce qui bouge, dans l'espoir acnéique, que ça va me nettoyer à force de me salir. J'ai mis trop de temps à aimer l'amour pour gâcher.

Vois-tu, il y a quelqu'un qui m'attend quelque part et il a une gastro entérite. J'ai un travail qui me fait bouffer, plus de famille certes, (mais bon il parait que c'est banal ça, alors ma gueule), alors je me shoote aux accords déplaqués et aux mélodies vaines, dans l'antre de ma cuisine en faisant bouillir du riz. C'est bien le riz, pour la gastro.  Je serre les dents, et je n'oublie pas de rendre mes rapports en temps et en heure, et "c'est un excellent travail, vraiment, vous m'épatez."

Certes, mon corps se rebelle comme dans un article de Top SAnté Magazine, et ma généraliste me donne des cachets pour relever la tension, calmer la toux, redresser la colonne, colmater la misère. Elle me dit que je devrais peut être voir quelqu'un. Je rigole. Elle me dit que c'est parce que je suis gémeaux peut-être; les gémeaux sont des chieurs, il paraît. Ils ne grandissent jamais. Je lui dis que je vais m'y mettre aux talons hauts. Elle rigole.

Je mets des talons aiguilles mais je me trompe de sens, je crois. La plante qui saigne à chaque pas.
 

Mais j'avance, hein, on va dire que j'avance. Disons que j'ai pas le temps de me taper une dépression pathétique, où je me ferais reluire l'égo, en me scarifiant de bas en haut.  C'est une avancée, non ?

Oui, c'est une épatante victoire. Pour moi, vraiment. Car vois-tu, l'avancée, c'est d'être consciente de toutes les prisons qu'on se crée et dans lesquelles on reste, tout en chialant sa race d'être enfermé. Parce que l'essentiel est dans le cadre, quand bien même tu te la joues détendu du repère, et les cellules font de bons cadres, tu sais.

Alors on est content de le savoir, on se le met dans la poche avec son kleenex par dessus, et on prend rendez vous chez le pédiatre, pour les vaccins.