04 novembre 2009

mercredi.

Il y a le fils d'Anthony Perkins, Elvis. Déjà, le nom, tu vois. Sa mère, en plus. est morte dans l'avion du 11 septembre. Il a fait un album sur le deuil, avec des trompettes liquides, pas desesperé, triste comme il faut, à la bonne distance. il a un peu la tête d'Harry Potter, Elvis. Il fait hooo hoooo while your're sleeping et des choeurs répondent hoho. Un deuil qui fait hoho, ça vous pose un homme.  J'ai besoin qu'on valide ma vie. Je me sens un peu comme un autobus comme nana. Le même itinéraire, avec l'illusion du changement parce que le conducteur varie, mais c'est jamais moi qui conduis. C'est jamais moi. J'ai des peurs de gosse, peur des fantômes peur du noir peur de l'inconnu peur de l'étranger peur de tuer maman. Je suis passée devant ce bar, où les hommes vous fixent comme s'ils sortaient de douze ans de tôle. J'ai accéléré le pas. Ca me fout super mal à l'aise et je veux pas non plus qu'ils pensent qu'ils me font flipper,  Genre excusez -moi de vous demander pardon. Je me suis tordue la cheville, c'est l'ostéoporose, je me suis dit. J'ai mis du temps à démarrer au feu rouge. On était à deux secondes de la montée dans ce morceau que j'adore, je voulais coïncider.  Ca a klaxonné derrière.  Journée de daube.

23 août 2009

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Il faudrait du mépris sans doute, mais de quelle taille ? Il faudrait de la force mais je ne me rappelle plus la couleur que ça a. Il faudrait de l'assurance en cornet, de la neutralité en baril, quelques sourires plus aigus que des accents, pour montrer que je ne suis pas dupe, malgré tout.  Un truc subtil et enlevé, un mouvement d'épaules étudié, un truc de reine brisée mais digne.

Il y a cette tristesse qu'on nous vend, ce désespoir japonais, ce tragique bavard et glacé, volontairement sale mais qui se soucie encore de l'esthétique des sanglots, la bouche à quatre pattes et les mots dissidents. On ne sait plus dire qu'on est perdu sans décrire la laideur des autres, on se sait plus ouvrir son coeur sans se montrer la violence de la taillade, l'aorte, les vaisseaux, et les caillots...

Il me faudrait être quelqu'un d'autre, ou bien le pouvoir de corriger après coup chacune de mes félures, un photoshop du langage à contre-temps, des grands coups de ciseaux dans le flux ridicule, des gros coups de pinceaux sur tous les plis d'amertume et de rancune mal digérée. Alors, je pourrais te parler, mais je crois que je n'aurais rien à te dire.

De tout ça, il ne me reste que les dommages collatéraux, les rancunes, l'amertume, rien d'autre. Je n'ai rien à te dire de plus que mes regrets, ma douleur de narcisse, ma colère  de m'être plantée,  mon désir pathétique de changer sinon le décor mais bien tes limites. Le reste, c'est du vent tiédasse, un prétexte à me souvenir, c'est juste mon imagination. C'est un pet que j'ai pris pour une brise. Je n'aurais rien à te dire, rien à te prouver, et tu ne me reconnaîtrais pas.

08 mai 2009

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Et après tout, Albert a réécrit dix fois le même bouquin, conscient de ressasser, il le dit tout le temps. Je l'ai déjà dit et je le redis. Il faut que les autres comprennent, vois-tu. Il faut le dire et le répéter que l'amour du prochain c'est une invention de nain humain, que ça n'existe pas, et que c'est bien dommage mais on va pas y passer la nuit.  Il faut le répéter que la mort arrive et qu'elle te vole tout, et que tes morts te manqueront toujours, que c'est une invention de poète niais le temps qui passe et qui efface, et le souvenir de l'autre qui vit en toi, mon cul, c'est juste parce que ça rime, je suppose.
Et puis, il faut le répéter encore le non-sens de tout ça, l'insensé, l'absence même d'une quelconque direction dans tout ce qui nous agite, pathétique et vain. Il faut le dire et le répéter encore que notre âme, c'est carrément de l'humour de comique troupier; mon âme c'est mon corps qui jouit d'un vin, ou d'un autre. Point barre. Et pas de musique qui te l'élève, et des écrivains de la Pléiade que forcément, tu as mieux compris que les autres, et tralala. C'est juste un profond amour de soi, une observation de nous-mêmes qui confine à l'onanisme, et c'est tout. J'écoute ça, regarde comme  je suis zoriginal, entends comme j'entends bien ce qui doit s'entendre, l'air de pas y toucher, et j'ai vu ce film là, profondément chiant pour un ouvrier, ou un clandestin,  auquel ils ne comprendraient strictement rien, assurément, avec ces gros plans de fronts genre je fais du cinéma soviétique, pendant douze travellings, et docufiction's touch, mais qui est censé les comprendre, les défendre et  même,-rions- les aimer, dans une vanité égocentrée, un prétexte fallacieux d'amour du prochain qui n'est rien d'autre que l'amour de sa propre gentillesse et la stupéfaction devant son inutile bonté...et tu sais, je l'ai vu ,ce film, et je l'ai aimé, et j'ai applaudi le réalisateur, qui est venu nous expliquer au cas où on aurait mal compris, pour nous expliquer à quel point c'est important ce qu'il fait, pour bien nous dire, modestement, convaincu de sa modestie, ce fat, à quel point il était supérieur, et j'ai applaudi, si si,  fière d'avoir compris avant trois malheureux spectateurs pourquoi le choix de Reszo Seress et j'ai même dit que c'était formidable.

 


Et puis, il faut le dire encore et encore que dieu nous manque, et que merde, il pourrait filer une preuve, là tout de suite, que c'est à lui de nous convaincre, pas à nous de parier. Et puis le dire, le rabâcher, et le répéter encore que derrière toutes les passions et leurs nobles naissances, se cachent de misérables raisons, d' écoeurantes causes, et que lorsqu'elle revit, et qu'on s'en émerveille, pauvres abrutis, ce n'est que par pathétique jalousie, lugubre bestialité. Dire que derrière les belles et majestueuses amitiés, se terrent de splendides mesquineries, d'absurdes batailles de pouvoirs, que derrière cet intérêt qu'on te porte on espère toujours te tirer quelque chose, et te tirer aussi, mais il faut mettre les formes et ce n'est pas pour t'amadouer, c'est juste pour se faire croire qu'on bande aussi de l'âme, parce que c'est plus joli judéo chrétiennement parlant, et que ça excuse;  le dire que personne n'aime personne si l'autre ne l'aime plus, ou lui dit qu'il peut vivre sans lui, ce qui, je te jure, est toujours possible, et je dis que ceci est la preuve, s'il en fallait encore une, que les affects humains si bellement chantés par les poètes, si justes et vrais et profonds, et éternels, ne sont que des mots, pour ne pas dire de la merde.

 


Je dis que le désamour commence lorsque monsieur va chercher de la crème anti-hémorroïdaire pour la fraîche épouse accouchée; car vois tu, monsieur, pour éprouver tous ces élans magnifiques et glorieux, il lui faut sa juste dose de chair, ni plus ni moins. Le désamour commence lorsque tu sais exactement comment te tendre et contracter ton périnée sous lui pour atteindre l'orgasme, et tu le fais de plus en plus vite pour pouvoir dormir plus longtemps, parce que pour que ton coeur embrasse l'aube d'été et empathe joliment et autres inepties impossibles et incroyables, il te faut tes huit heures de sommeil, pas plus ni moins. Et chaque fois que tu aimes et que tu le dis, et qu'innocent, tu crois ainsi faire partie de la communauté humaine, l'aimé te méprise un peu, et même tu le dégoûtes. Ha, oui, et il faut aussi qu'on le répète, et qu'on le redise que l'ironie et le cynisme ne sont que mon pauvre moyen de me le redire et de me le répéter pour pas oublier, et surtout ne pas me réjouir trop longtemps d'être de celles qui ont compris le choix du cinéaste, et d'avoir ovinement applaudi, espérant faire partie de la communauté humaine; me le redire et me le répéter. Parce que lorsque j'écris ça, je n'accuse personne, je me regarde, c'est tout.

 

 

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01 mai 2009

Worst Case Scenario

Après l'herbe, la julienne de légumes du développement durable. J'écris l'aléatoire dans mon magasin d'écriture. Où est donc la joie du rohypnol après la cocaïne ? Hein ? La pluie crachotte comme un vieux spray antiseptique. Je ne sais pas quel substantif coller à ce qui me ronge. Il n'y aura pas de suite à notre usage percutané. Des volutes bleues s'échappent des négations. Application périmée. A toi la nouveauté. Après toi, le déluge. La bêtise brille comme un merdique zirconia. Les diamants sont mortels, connard.

Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération du groupe nominal

Ho ça devrait passer, cet élan-là, comme les autres devenir un dégoût, et couvrir ta bouche avec ma main, ou plus. Pour t'empêcher le cri, pour retenir la gerbe. Je voudrais une étreinte sous cocaïne, là. Avec la dispute , classique, avant, et le manque de sommeil obligatoire, après. Nous assommer au rohypnol. Chuter. Les sommeils qui ressemblent à l'oubli de la mort et bla et bla...

Il y avait cette musique pourrie dans le restaurant, et le serveur gêné, un peu de cette daube. Je sais pas ce qu'ils nous ont mis, là. Il a dit. Il avait envie de nous montrer qu'il la connaissait la musique, que c'était un accident, son service dans ce restaurant, sa présence ici. Genre mais qu'est ce que je fous là, moi ? Je suis un surfeur californien, where is my surf ? Where is la vague ? Je trouvais ça flatteur qu'un gamin ait envie de nous impressionner, parce que je nous trouvais pas impressionnantes, pas du tout. Le problème c'est que je suis plus du tout impressionnable, non plus. Avec de la cocaïne peut-être ? Il tournait autour de la table m'a apporté mon immonde tiramisu glacé. Je vais te lacérer le cou, je vais te cisailler l'aorte, je vais t'é-coeurer, mon amour.

Cette ville me sort par tous les pores, en petites suées limites nausée. Il y a beaucoup d'hommes seuls et desespérés de leur solitude. Ca se voit à leur regard avide devant n'importe quels nouveaux seins. Je me demande toujours quand est-ce que leur dernière femme est partie, a claqué la porte, après combien de concessions, d'espoirs piétinés, de communications variées après minuit ? Et eux, qui ne comprenaient pas l'abandon de la salope égoïste, le départ de la tarée hystérique, après tout ce qu'ils avaient donné, tu sais, ...leur humeur de merde, leur demi molle du dimanche matin, leur colère ridicule quand ils sont incapables de monter une étagère ikea, leur ambition de devenir sous-chef à la place du vizir...
Combien nous cessons de les aimer par gros morceaux,jusqu'à nous vider de notre substance, jusqu'à nous lacérer le cou, jusqu'à nous cisailler l'aorte, jusqu'à l'é-coeurement, jusqu'au rohypnol qui fait le sommeil du mort bien au froid dans l'oubli, jusqu'à claquer la porte et eux, derrière la porte, tout assommés, avec leur putain de pathétique incompréhension, leur silence-grandeur d'âme parce qu'on a emporté les disques qui traînaient faute d'étagère ikéa.


Après l'herbe, la julienne. J'écris l'aléatoire dans "écriture". Où est donc la joie ? Hein ? La pluie crachotte comme un vieux spray . Je ne sais pas quel substantif . Il n'y aura pas de suite . Des volutes bleues s'échappent . Application périmée. A toi. Après toi. connard.

Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération etc...

(hahaha)

13 août 2008

l'Indienne de quelqu'un

- Bonjour, vous allez bien? Non, je ne suis pas chinoise
Non, pas Espagnole.
Non, je suis Peau rou... euh
Indienne d'Amérique
Non, je ne viens pas d'Inde.
Non, pas Apache.
Non, pas Navajo.
Non, pas Sioux.
Non, nous ne sommes pas une race disparue.
Oui, Indienne.

- Oh ?
Alors, c'est donc ça tes pommettes saillantes?
Ton arrière-grand-mère, hein?
Une princesse indienne, hein?
Cheveux jusque-là?
Laisse-moi deviner, Cherokee


Ah bon, tu as eu un ami indien?
Si intime que ça?
Ah bon, tu as eu une amante indienne?
Si étroite que ça?
Ah bon, tu as eu une domestique indienne?
Si chère que ça?

Oui, c'est horrible ce que vous autres nous avez fait.
C'est chouette de ta part de faire des excuses.
Non, je ne sais pas où tu peux
te procurer du peyotl.
Non, je ne sais pas où tu peux te procurer

des tapis Navajo très bon marché.


Non, je ne l'ai pas fait. Je l'ai acheté à Bloomingdales.
Merci, j'admire tes cheveux à toi aussi.
Je ne sais pas si quelqu'un pourrait certifier que

Cher est une vraie indienne.
Non, ce n'est pas moi qui ai fait pleuvoir ce soir.

Ouais. Bien sûr. La spiritualité.
Bien sûr. Ouais. La spiritualité. Bien sûr.
Mère Nature. Ouais. Bien sûr. La spiritualité.
Non, je n'ai pas fait des études de tir à l'arc.

Ouais, beaucoup d'entre nous boivent trop.
D'autres n'arrivent pas à boire assez.
Non, c'est pas une gueule stoïque.

C'est mon visage.

 

(Diane Burns) 

 

 

13 juin 2008

Additif

+
Voilà, tu ébiselles ton coeur jusqu'à l'arête, plus dur qu'on os. Adieu la police intérieure qui fait trembler. Nique la police, même ! Tu tournes la tête quand ça t'intéresse plus, tu dis que t'es pas d'accord, effectivement, mais que ton avis T'importe peu, et que ça te saoûle quand on te le demande.  Tu dis que c'est pas la peine les salamalecs, qu'on est là pour la même chose, se frotter le ventre pour oublier, se monter dessus pour se rappeler à l'inhumanité de toute relation humaine. Autant prendre de l'avance. C'est tout. Un point c'est marre. Et non merci, je ne converse pas. Tu prends bien soin de te glacer le corps, d'oublier que ton coeur c'est du nylon, qu'il brûle en deux minutes, oublier que tu pleures devant un petit âne gris sous la pluie, quand il plonge ses oreilles en pathétique parapluie, oublier que tu lis Eluard en cachette, oublier qu'un homme qui ne sait pas quoi dire, ça te retourne la peau. Tu tournes la tête quand le baiser prend des faux airs de tendresse. On pourra pas te dire que tu n'as pas pris toutes les précautions. Tu dis ciao bonsoir non merci j'ai à faire, comme pour te venger de tout le mal que lui ne t'a pas fait, comme pour le venger de tout le mal que tu pourrais lui faire. Et quand tu te regardes soulagée d'être enfin à l'image de la désincarnation que tu te souhaites, pire qu'un blog houellebecquien, plus glacée qu'une pauvre petite fille riche cocaïnowomane amère et désenchantée, pleine d'angles bien aigüs, la répartie cinglante comme la baffe que tu crains qu'on te mette, on te balance:
"Tu es la plus émouvante des femmes que j'ai jamais connues"
 C'est foutu. C'est foutu. C'est foutu.

+


Alors je ne suis pas jalouse, jamais. On me l'a bien souvent reprochée. Mais tu veux que je te dise ? Bas les masques à la fin. C'est pas de la hauteur d'âme. C'est juste que je pense au fond, avec mon  égo malade hypertrophié, mon bel égo de baleineau, que c'est toi qui te trompes si tu en aimes une autre. 
C'est juste que je pense au fond, avec ma dualité d'ego schizoïdé, que c'est bien tout ce que je mérite, que les pots aux roses, ça finit toujours pas se dévoiler.


+


Tous les pique nique, les ballades, les déjeuners sur l'herbe, les marguerites qu'on effeuille, les fous rires si on patauge dans une flaque en même temps, les mains dans les cheveux, et ta main sur ma taille, et chabada. Eh ben, je vais te dire, je ne me moque pas. Là oui, je suis jalouse , à en crever. Parce que moi, là dedans, j'ai l'impression d'être la doublure. Je veux bien faire les gestes mais bon, de loin si vraiment y a besoin, si l'actrice principale fait une allergie au pollen, si je dois rendre service, quoi.

  C'est pas pour moi. Ca m'oppresse. J'ai pas eu de déjeuners sur l'herbe, de pique nique en famille, de courses folles dans les prés. Une main sur ma taille, je me demande toujours quand c'est qu'elle va me taillader. 

En fait, j'ai pas les pré-requis pour aimer.


 Quand on me parle de "grande tablée" pour l'anniversaire du petit cousin, avec les spécialités de tante Mathilde, ou de convalescence passée chez ses parents, j'ouvre la bouche pour en respirer un peu de cet air d'un dimanche banal et un peu déprimant, en famille.  Je voudrais bien me payer le luxe une fois de dire "Ha ouais, ça fait chier", mais bon, il n'y a que ce qu'on connait bien qui peut nous agacer.


+

 

07 mai 2008

Karoshi

 

 J'ai toujours pensé que l'échec, c'était plus joli à regarder que la béatitude couétiste. Je n'ai jamais voulu écarter la souffrance, en faire une épopée. J'ai toujours pensé que la névrose est un luxe qu'on peut encore se payer, que ça donne l'illusion, sinon d'être heureuse, tout au moins, de sembler avoir l'air d'en avoir envie. La peur cache le désir, et la victime, nom de diou, figure toi que c'était le bourreau !!  et vice versa, et c'est çui qui dit qui l'est...hein. Comme ses phrases qu'on recopiait, ado, sur nos sacs US, ou à la page mercredi de nos cahiers de textes, et qui nous donnaient le sentiment d'avoir triomphé de la difficulté d'être soi.

Je considère, au fond, que rien se sert de courir, ni même de partir à point, pourvu qu'on me lâche la grappe. Mais là, j'avoue que j'aimerais bien un peu de répit dans ma sublime sublimation de la merde environnante, mon acceptation de la puante fatalité et mes trouvailles hallucinantes et cathartiques sur la vanité des lendemains qui détonnent.  Je voudrais que ça s'arrête, l'infernale cadence des jours qui se répètent et ne ressemblent à rien, dans un travail où l'on me demande quasiment d'être le contraire de moi-même. Et si c'était qu'au boulot...

Le prochain qui me demande ce que je compte faire de mes organes sexuels dans les semaines à venir s'expose à une explosion nucléaire du pied ou à une épilation du maillot à la cire orientale.

Pourtant, je continue d'exploser de rire chaque fois qu'une recherche musicale sur des sites interdits me conduit à Nuno Bettencourt  population 1 cute girl has orgasm on webcam, par exemple.  Je continue d'être excessivement soignée, propre, polie. Je persiste. Je m'acharne. On dirait presque que j'y crois.  Je continue de changer mes draps une fois par semaine, je continue de règler mes factures en retard, et on me menace de coupures, figure-toi; c'est pas dingue ? Ca me la coupe, moi. 

je connais de plus en plus de gens qui ont des problèmes de fric qui les empêchent même de bouffer. 

Je continue de manger n'importe quoi à n'importe quelle heure, je continue de ne jamais regarder la télé, je continue de lire beaucoup, je continue de découvrir les fonctions infinies de mon ordinateur. J'ai mis les fleurs d'une robe d'été, ce matin,  pour me faire croire que tralala. Je continue de trouver le sport infiniment suspect, je continue d'avoir une libido, je continue de me trouver même normale quelquefois, je continue de dire non à qui de droit, de dire à l'autre oui oui, on verra. Je continue de me trouver percutante, et même vivante parfois, d'une tolérance inouïe (mais je crois que c'est parce que j'en ai rien à foutre, ça).   Je continue de danser en culotte le dimanche matin, je persiste, je m'acharne, j'y tiens.  je continue de pleurer devant certaines photos, je continue d'avoir de plus en plus de mal à "publier" (HAHAHAHAHAHAHAHA) ici, tu sais, je regarde la note et je dis:"Oh putain au secours, j'ai un blog", comme des phrases qu'on recopierait, trop vieil ado, à la page mercredi de nos cahiers de textes et qui donneraient l'illusion pathétique d'avoir quelque chose à partager, ou à vérifier avec toi. Mais bon si blogguer m'a lassée, écrire, je ne m'en passe pas. Ecrire, c'est pour me rappeler que rien ne me consolera jamais. 

Je continue de penser que les différences sociales créent bien plus de dégâts que les différences sexuelles, encore que. Oui, j'ai pas peur de nuancer, tu vois. Holala trop dingue, je suis comme nana.  Je continue d'habiter dans quelques pensées qui me servent de repères.  Bref, je continue d'être à la fois neurasthénique, phobique, terrifiée et curieuse, gaie et ...terrifiée. La routine. Je persiste, je m'acharne, j'y tiens. 

Je voudrais tellement que ça cesse, la course à pas grand chose, et comment je joue le jeu, comme les autres, d'être ravie d'avoir tout bouclé à 21h10, et de pouvoir enfin m'écrouler sur un canapé. Je voudrais que ça s'arrête, je voudrais même pas commencer. 

Et surtout, surtout, je voudrais un genre de panneau stop chaque fois que je sens que j'y crois, à l'humanité.

Comment peut-on être à la fois si lucide, habituée, n'attendre rien, et morfler de tant, tant se planter  ?

La réponse est dans la question. Poil à l'inter-pénétration.

 
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(EITS. What do you go home to ?


 
 

11 avril 2008

Mes nuits sont aussi chiantes que mes jours

Je suis inhabitée, ça m'inquiète, enfin je veux dire ...je devrais m'inquiéter.
J'ai été malade il y a quelques nuits, comme jamais. En allant boire, en remontant me coucher, je me suis évanouie dans les escaliers. La première pensée que j'ai eue en reprenant mes esprits, et en palpant ma bosse a été:
"Emma Bovary."
 J'ai la syncope cultivée.

J'ai passé un week end allongée sur mon lit, sans musique, sans livres, sans rien, juste étendue à avoir mal au coeur. Un coma plein de vapeurs et de questions. Quand j'ai dit ça à Truc, il m'a répondu: "C'est suuuu-per, tu t'es reposée." comme s'il avait pris deux amphéts. La capacité à occulter l'autre, à y projeter tout ce qu'on y voudrait, pour éviter de l'écouter, continue de m'esbaubir. Ma théorie de la vaine communication s'affine.  

Mon asocialité regagne du terrain. C'est con, j'avais progressé. En même temps, peut être que c'était avant, que j'étais dans le vrai. J'aurais regressé quand je croyais avoir avancé...? Un peu comme celui qui traverse un champ de mines, à petits pas prudents et qui explose parce qu'il saute de joie en sortant du terrain ?  Grands Dieux (= Fugue N°2 par Glenn Gould), c'est fou.

Je m'en fous, j'apprends la guitare, et il pleut. Deux alibis en or massif pour refuser de répondre au téléphone. 

  Je ne me vis que comme la fille de mon père ces derniers temps. Mortifère, mutique et ...endeuillée.  Ca m'inquiète, enfin...je devrais m'inquiéter.

 

Je me couche, je touche mes os du bassin, je mets mes pieds au mur. Je considère l'espace entre les cuisses quand on les serre. On dirait un autre trou. Je fais ça tout le temps. Ensuite je me coltine à un mur, en chien de fusil, et je serre les paupières jusqu'à ce que ça s'arrête, le roulis mental. J'ai souvent froid.

Je voudrais une lumière, je m'en fous qu'elle m'éclaire. Si elle me réchauffe un peu, ça m'ira.

 

Ho... à la reflexion, même pas.

 


podcast
 

10 mars 2008

Les "fenêtres " de ma poésie sont grand'ouvertes sur le vide intersidéral de ma rue.

A force d'avoir pris pour messie la plus petite lanterne, à force d'échapper à toutes mes faiblesses, avec l'espoir d'une fuite qui ne ferait pas de bruit,  à force d'éclatements de tous les domaines négociables, et de parcours de territoires enclavés, de sourires et de fierté mal placés, à force de me dire que d'être dévastée, ça "sonnait", oh yeah,

je me regarde avec ma liste de morts trop longue, je fais l'appel de tous mes absents,  et j'entends toutes ces voix faussées, je regrette mon regard latéral sur ce siècle, je regrette tous mes élans, je regrette tout ce qu'on me donne, et je regrette même ce que j'attends, écoeurée par anticipation. J'aurais mieux fait de rester dans mon foetus, j'aurais mieux fait, maman.


J'ai cru trouver une pathétique victoire en jouant la combinatoire envolée, l'exigence de plus en plus effilée, l'exigence évidée jusqu'au spectre idiot d'une volonté de tétard.  Je me regarde, le cheveu plat, et le clavier hanté, amère, l'angoisse dans tous les viscères, et juste, juste déboussolée. Certaine de ce que je ne veux pas, ça compte pour se décider ?

A force de vouloir faire de mes déambulations de belles errances,

j'ai oublié qu'à chaque lien correspond un noeud de tore, que ça pue les fantômes pour tout le monde, 

j'ai oublié combien toutes les illusions de conjugaisons,  se résument au final, à se faire mettre, du passé simple jusqu'au futur antérieur.

j'ai oublié qu'à chaque joue suffit sa beigne et que je ne suis pas la dernière à les envoyer.

Pourtant je le savais hein, mais bon voilà, j'avais oublié.

J'ai la lassitude abasourdie. J'attends que la stupéfaction me lâche. J'aime pas ma tête d'étonnée.

 

 Attendre que le pire se change en souvenir, en fumée, en "vivable",

 

 etc etc...

06 mars 2008

'

Je suis dans une phase destructrice où il me faut brûler vite fait, bien fait tout ce que j'ai aimé, avant que ce soit lui qui me brûle. Il faut brûler tout ça et que ça ne renaisse en rien de ces cendres, que ça se piétine, que ça se pourrisse, Amen.  

Seulement voilà, je n'ai plus vingt ans et c'est tout juste ridicule. Je ne peux pas prendre le métro, mon mp3 vissé sur les oreilles, défoncée à la colle à rustines, jusqu'au terminus, et errer toutes les nuits dans le polaire des ruelles étroites, avec mon paletot idéal à 247 euros et puis paf faire demi-tour au moment où je m'y attends pas. Déjà, tu vois, je suis emmerdée. Chez moi, y a pas de métro.

Je ne peux pas faire de rebelle auto dafé de mes journaux intimes, et de mon état civil, le briquet gothique et le piercing ensanglanté. Je fume plus, j'ai même pas un briquet. J'ai bien un blog à dynamiter, mais je me venge jamais sur les innocents. Je préfère cogner les coupables. Tiens, moi, prends toi ça.

Je ne peux pas me faire sauter par tout ce qui bouge, dans l'espoir acnéique, que ça va me nettoyer à force de me salir. J'ai mis trop de temps à aimer l'amour pour gâcher.

Vois-tu, il y a quelqu'un qui m'attend quelque part et il a une gastro entérite. J'ai un travail qui me fait bouffer, plus de famille certes, (mais bon il parait que c'est banal ça, alors ma gueule), alors je me shoote aux accords déplaqués et aux mélodies vaines, dans l'antre de ma cuisine en faisant bouillir du riz. C'est bien le riz, pour la gastro.  Je serre les dents, et je n'oublie pas de rendre mes rapports en temps et en heure, et "c'est un excellent travail, vraiment, vous m'épatez."

Certes, mon corps se rebelle comme dans un article de Top SAnté Magazine, et ma généraliste me donne des cachets pour relever la tension, calmer la toux, redresser la colonne, colmater la misère. Elle me dit que je devrais peut être voir quelqu'un. Je rigole. Elle me dit que c'est parce que je suis gémeaux peut-être; les gémeaux sont des chieurs, il paraît. Ils ne grandissent jamais. Je lui dis que je vais m'y mettre aux talons hauts. Elle rigole.

Je mets des talons aiguilles mais je me trompe de sens, je crois. La plante qui saigne à chaque pas.
 

Mais j'avance, hein, on va dire que j'avance. Disons que j'ai pas le temps de me taper une dépression pathétique, où je me ferais reluire l'égo, en me scarifiant de bas en haut.  C'est une avancée, non ?

Oui, c'est une épatante victoire. Pour moi, vraiment. Car vois-tu, l'avancée, c'est d'être consciente de toutes les prisons qu'on se crée et dans lesquelles on reste, tout en chialant sa race d'être enfermé. Parce que l'essentiel est dans le cadre, quand bien même tu te la joues détendu du repère, et les cellules font de bons cadres, tu sais.

Alors on est content de le savoir, on se le met dans la poche avec son kleenex par dessus, et on prend rendez vous chez le pédiatre, pour les vaccins.